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type II-B

L'hémophilie A est une maladie génétique qui touche un garçon sur 5000 à la naissance. Elle résulte d'une anomalie dans la synthèse d'une protéine impliquée dans la coagulation du sang, le facteur VII. Cette anomalie est due à la présence d'un allèle muté récessif du gène responsable de la synthèse de ce facteur, situé sur le chromosome sexuel X.

Un couple ayant déjà un fils atteint de la maladie attend un nouvel enfant et souhaite évaluer le risque que celui-ci soit atteint d'hémophilie A, si c'est un garçon, ou qu'il soit porteur de l'allèle muté, si c'est une fille.

Questions : Montrer que l'analyse du seul arbre généalogique de la famille ne permet pas de lever avec certitude les inquiétudes de la famille, mais juste d'évaluer les risques correspondants. Utiliser les résultats de l'analyse d'ADN pour lever les incertitudes et répondre aux interrogations du couple.



Document 2 : analyse de l'ADN.

La détection de l'allèle muté peut s'effectuer en amplifiant une séquence de 142 paires de bases (pb) de l'ADN du gène codant pour le facteur VII. cette séquence est polymorphe au niveau d'un site de restriction pour l'enzyme bcl1 : si l'enzyme de restriction reconnait le site, elle permet de couper la séquence en deux fragments de 99 et 43 pb.

On a procédé à l'analyse de l'ADN de toute la famille. Les résultats de l'électrophorèse des fragments de restriction obtenus après action de l'enzyme bcl1 sur la séquence de 142 pb amplifiée sont présenté ci-dessous.


Corrigé.

D'après le document 1, la mère I.2 est porteuse de l'allèle muté : en effet, un des fils (II.2) est hémophile. Le gène étant récessif, le génotype de II.2 est donc XmY (le chromosome X porte l'allèle morbide m récessif. Celui de la mère est avec certitude : XmXn (un allèle morbide et un allèle normal n). Le père I.1 n'est pas malade : son génotype est donc forcément XnY. Le risque qu'un des enfants déclare la maladie se joue dont au niveau de la fécondation, selon l'échiquier de croisement suivant :

Gamètes mère I.2
Xn
Xm
Gamètes père I.1
Xn
XnXn
XnXm
Y
XnY
XmY

Si le foetus I4 est un garçon, il y a donc un risque sur deux qu'il soit hémophile.

Si le foetus I4 est une fille, il y a un risque sur deux qu'elle soit porteuse de l'allèle muté.

Cependant, pour en être certain à 100%, il convient de faire une analyse d'ADN de toute la famille. Le doc 2 présente le principe de l'analyse d'ADN : la PCR-restriction qui consiste à cloner un fragment d'ADN puis de le digérer avec une enzyme de restriction bcl1. Une enzyme de restriction coupe l'ADN toujours au même endroit : une séquence d'ADN spécifique appelé site de restriction. On fait migrer ensuite les fragments par électrophorèse : plus un fragment est petit, plus il migre loin.

On constate que II.2 (que nous savons hémophile et dont le génotype est XmY)présente un grand fragment d'ADN de 142 pb. Lorsque l'allèle est muté, le site est modifié et n'est plus reconnu par l'enzyme de restriction bcl1. Lorsque l'allèle est normal, bcl1 coupe l'ADN en deux fragment de 99 et 43 pb. Nous constatons que le foetus II.4 ne possède que deux fragments de 99 et 43 pb. Si II.4 est un garçon, il est sûr à 100% qu'il n'aura pas l'hémophilie. Si c'est une fille, on est sûr à 100% qu'lle n'est pas porteuse de l'allèle muté.

Conclusion : l'analyse de l'arbre généalogique ne permet que d'évaluer les risques de la présence d'une maladie génétique. L'analyse d'ADN apporte la preuve formelle de la présence eou de l'absence de la maladie et de connaître avec précison, le génotype d'un individu concernant un couple d'allèle donné.


Date de création : 24/04/2006 - 20:54
Dernière modification : 24/04/2006 - 20:54
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Réactions à cet article

Réaction n°4 

par GM le 17/06/2009 - 20:55

Le principe de l'électrophorèse est de faire migrer des molécules dans un gel soumis à un chmap électrique : plus une molécule est légère (courte), plus elle migre loin du puits de départ. Plus elle est lourde (longue), moins elle migre loin. L'électrophorèse permet de séparer des molécules de tailles différentes et donc de savoir ce qu'un individu possède.

L'action d'une enzyme de restriction adaptée sur un gène muté aboutit à la formation d'un nombre différent de fragment d'ADN que sur le gène non muté, et de tailles différentes. L'électrophorèse permet donc tout simplement de savoir si une personne possède ou non un ou deux allèles mutés, en regardant la longueur des fragments obtenus par l'action de l'enzyme de restriction.

Réaction n°3 

par Agathe le 16/06/2009 - 21:22

En fait je n'ai pas très bien compri le principe de l'électrophorèse, ni du coup comment on peut conclure que le foetus ne sera pas hémophile ni porteur de l'allèle muté ... si vous pouviez rajouter qq explications ça me serait bien utile. Merci !l

Réaction n°2 

par GM le 02/05/2007 - 16:09

Bonjour,
oui bien sûr : la mère est hétérozygote.
Elle a un allèle sain (celui qui se découpe en deux, en présence d'une enzyme de restriction) et un allèle déficient (celui qui n'est pas coupé par l'enzyme de restriction). La différence entre les deux allèles réside en des différences, notamment au niveau du site de restriction de l'enzyme.

Réaction n°1 

par carolyn le 01/05/2007 - 20:09

j' ai bien compris cet exercie, cependant, pourquoi la mère à dans son électrophorèse 3 fragments et non deux puisqu'elle est saine ? Est- ce du au fait qu'elle soit hétérozygote ?

merci de répondre au plus vite car c'est la question de mon exercice.




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